L'Avenir: Gedinne

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Joseph Aulnette roule en souvenir de ce qu’a enduré son père durant la guerre.

Joseph Aulnette roule en souvenir de ce qu’a enduré son père durant la guerre.

GEDINNE

Sur les traces de son père

Le Français Joseph Aulnette se plonge dans les souvenirs de son père. Celui-ci était passé par Gedinne alors qu’il était prisonnier.

Il s’appelait Théophile Aulnette. Il a connu le sort de milliers de soldats: il a été emmené en captivité en Allemagne. C’est ce voyage que son fils Joseph a voulu refaire. Il aurait pu le faire en voiture mais il a préféré le vélo.

Pour ce voyage en forme de pèlerinage, le Français âgé de 66 ans s’est entraîné sérieusement. «Je n’étais plus monté sur un vélo depuis longtemps», raconte-t-il. Après avoir retrouvé la forme, l’homme a entamé ce parcours qui se terminera, le 24 avril, sur les lieux du retour de son père.

Joseph Aulnette a fait une halte à Gedinne. Il faut dire que Gedinne est un endroit particulièrement marquant de l’histoire du prisonnier qui portait le matricule no 14912. Après avoir été forcé à marcher sur plusieurs centaines de kilomètres, il a embarqué dans un wagon à bestiaux à Gedinne. En compagnie d’environ 20 000 autres prisonniers, il a été expédié en Allemagne pour vivre une longue captivité. Ce voyage s’est réalisé dans des conditions particulièrement pénibles.

Joseph a choisi de ne pas suivre la chronologie des faits. Il fait le chemin à l’envers. Parti de Sontra, en Allemagne, il va rallier la Bosse-de-Bretagne, dans l’Ille-et-Vilaine. Pour avaler les centaines de kilomètres, il s’est donné moins d’un mois. Le circuit a été minutieusement préparé. Il comporte des moments particulièrement forts. «J’ai notamment pique-niqué dans une prairie où je suis sûr que mon père a passé la nuit du 31 mai au 1er juin 1940. Au réveil, les prisonniers étaient nappés d’un drap blanc. C’était de la gelée», confie-t-il.

Joseph Aulnette est sûr qu’il suit la même piste que celle suivie par son papa. Avant que ce dernier ne meure, père et fils ont fait le voyage ensemble, en autocar. «On est allé avec lui, en famille, partout où il avait vécu durant ses 2 500 jours de guerre. C’était un beau cadeau pour lui mais également pour nous. En février, après avoir décidé de remettre mon écharpe mayorale, j’ai eu l’idée de ce voyage. J’avais un an d’entraînement devant moi», raconte M. Aulnette.

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